Ce qu’il vous fait gagner à l’entrée, ce qu’il vous coûtera à la sortie, et comment savoir si l’arbitrage penche vraiment de votre côté.
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Exemple de Rapport Patrimonial Finisense · données fictives
Vous déduisez aujourd’hui, vous serez imposé demain. L’opération est gagnante, neutre ou perdante selon une seule variable : votre taux marginal d’imposition à la sortie, comparé à celui d’aujourd’hui.
Le cas le plus courant à la retraite. Vous avez déduit à 41 %, vous serez imposé à 30 % : l’écart est votre gain réel.
L’avantage se réduit au report de trésorerie et à la capitalisation sans frottement pendant la phase d’épargne. Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas ce qu’on vous a vendu.
Cession, revenus locatifs, cumul emploi-retraite : le PER devient coûteux. Ce cas existe, et il se voit à l’avance.
Ce que cela implique concrètement : un PER ne se décide pas sur le montant de l’économie d’impôt de l’année. Il se décide sur une projection de vos revenus à l’échéance. C’est le premier calcul que nous faisons, avant de parler de contrat.
Et vous ? À l’échéance, votre taux marginal sera…
L’hypothèse la plus fréquente à la retraite, et elle rend l’opération gagnante : l’écart entre les deux taux est votre gain. Deux choses peuvent la casser. Des revenus qui s’ajoutent à la retraite, un loyer, une rente, remontent le taux. Et parce que le capital issu de versements déduits est imposé au barème, un retrait en une seule fois s’ajoute à vos revenus de l’année du retrait, et peut vous faire changer de tranche cette année-là.
L’avantage fiscal disparaît, mais pas tout : la trésorerie conservée aujourd’hui et la capitalisation sans frottement pendant la phase d’épargne restent acquises. À taux égal, l’arbitrage se joue alors sur les frais du contrat et sur le fait d’accepter une épargne indisponible jusqu’à la retraite, huit cas de déblocage mis à part.
Alors le PER travaille contre vous : déduit à un taux, imposé à un taux supérieur. Une cession d’entreprise, des revenus locatifs ou un cumul emploi-retraite suffisent à créer ce cas, et il se voit à l’avance sur une projection. Avant de verser, c’est votre situation à l’échéance qu’il faut poser, pas l’économie de l’année.
C’est la réponse la plus honnête, et la seule mauvaise raison de verser quand même. La projection du taux à l’échéance est le premier calcul de l’audit, avant tout choix de contrat : c’est elle qui dit si le déplacement d’impôt joue pour vous ou contre vous.
Répondez, et la page vous dit ce que votre hypothèse implique, et ce qui pourrait la casser.
C’est le point le plus mal maîtrisé sur ce sujet, y compris par des professionnels. Un travailleur non salarié dispose de deux mécanismes de déduction. Ils communiquent, et ce que vous prenez d’un côté se retire de l’autre.
La déduction s’impute sur le résultat de l’entreprise. Elle réduit à la fois l’impôt sur le revenu et l’assiette des cotisations sociales.
C’est le « Plafond épargne retraite » imprimé sur votre avis d’imposition. Il ne concerne que cette voie, jamais la première.
Ce que vous déduisez au titre de l’article 154 bis est retiré deux fois de votre limite de revenu global : une première fois parce que l’assiette est déjà nette de ces cotisations, une seconde fois par le terme soustractif du calcul. Vous n’avez pas deux capacités de déduction, vous en avez une seule, répartie entre deux mécanismes.
Une exception vous est réservée : la fraction correspondant à 15 % de la quote-part du bénéfice comprise entre un et huit PASS n’est pas reprise dans ce terme soustractif. Elle n’existe que pour les non-salariés.
La fraction de votre limite de revenu global que vous n’avez pas utilisée se reporte sur les cinq années suivantes. La durée était de trois ans dans la version précédente de l’article ; elle est de cinq dans la version en vigueur.
Elle se reporte, et s’ajoute à votre plafond des années suivantes.
Ce qui dépasse la limite annuelle n’est pas déductible, et ne se reporte pas. Il est perdu.
La confusion est fréquente et elle coûte cher. On entend souvent qu’un indépendant n’a aucun report parce qu’il déduit professionnellement. C’est faux : il a bien des plafonds antérieurs à récupérer, sur sa limite de revenu global · laquelle est d’autant plus élevée qu’il a moins déduit par la voie professionnelle.
C’est la partie qu’on vous montre rarement au moment de la souscription. Elle décide pourtant si l’opération valait la peine.
| Sortie | Ce qui est imposé | Comment |
|---|---|---|
| En capital | Le capital correspondant aux versements déduits | Au barème de l’impôt sur le revenu, sans abattement de 10 % |
| En capital | Les produits (les gains) | 31,4 % au prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux |
| En rente | La rente issue de versements déduits | Au barème, comme une pension, après abattement de 10 % plafonné à 4 439 € par foyer |
| En rente | La rente issue de versements non déduits | Seule une fraction est imposée, selon votre âge à l’entrée en jouissance |
70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % au-delà de 69 ans. L’âge retenu est celui de l’entrée en jouissance : différer la rente réduit durablement son imposition.
L’abattement de 10 % sur les pensions plafonne à 4 439 € par foyer, donc dès 44 390 € de pensions annuelles. Au-delà, chaque euro de rente est imposé sans amortisseur.
Le point que les pages commerciales ratent
Sur les gains, la sortie n’est pas à 30 %. Elle est à 31,4 %.
Les 30 % que tout le monde cite s’appliquent à l’assurance-vie et au contrat de capitalisation, qui bénéficient d’un taux de CSG réduit. Les produits d’un PER supportent 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux. Le réflexe coûte 1,4 point.
L’épargne d’un PER n’est pas indisponible en toute circonstance. Le code monétaire et financier prévoit huit cas de sortie anticipée, et ils couvrent plus de situations qu’on ne l’imagine.
La liste et sa rédaction viennent du I de l’article L. 224-4 du code monétaire et financier. Les libellés ci-dessus sont résumés ; le texte fait foi, et il a été modifié récemment.
Les deux enveloppes renvoient aux mêmes articles du code général des impôts. Mais la date à laquelle on apprécie votre âge n’est pas la même, et cela change tout.
Un versement effectué avant vos soixante-dix ans reste soumis au régime le plus favorable, même si le décès survient bien plus tard. Le calendrier de vos versements construit votre fiscalité successorale.
Peu importe quand vous avez versé. Si le décès survient après vos soixante-dix ans, c’est le régime des droits de mutation qui s’applique. Vous ne maîtrisez pas la variable, et elle peut inverser un arbitrage patrimonial entier.
Conséquence pratique. Sur un patrimoine où la transmission compte autant que la retraite, l’ordre dans lequel on remplit les enveloppes n’est pas neutre. C’est un arbitrage à faire avant de verser, pas après.
Nous sommes rémunérés sur les contrats que nous plaçons. C’est précisément pour cela que les deux colonnes sont écrites ici, et pas seulement dites en rendez-vous.
Vous déduisez à votre taux d’aujourd’hui, vous serez imposé au taux de votre retraite : l’écart entre les deux est votre gain réel. C’est le cas le plus fréquent, et il se vérifie par une projection, pas par une intuition.
La voie professionnelle se calcule sur l’année en cours : une bonne année autorise un versement important, une année creuse s’en dispense. Le PER épouse les revenus irréguliers d’un indépendant.
L’épargne attend l’échéance, huit cas de déblocage mis à part. Si votre trésorerie de précaution est constituée par ailleurs, cette indisponibilité est le prix du report, pas un piège.
Une cession, des revenus locatifs ou un cumul emploi-retraite suffisent à créer ce cas : déduit à un taux, imposé à un taux supérieur, le PER travaille contre vous. Il se voit à l’avance sur une projection.
Hors les huit cas prévus par la loi, l’épargne est indisponible. Un projet à trois ou cinq ans se loge dans une autre enveloppe, pas dans un PER.
Au décès après soixante-dix ans, les droits de mutation portent sur le montant total, quand l’assurance-vie apprécie l’âge au versement des primes. Pour transmettre, l’assurance-vie garde l’avantage.
Nous ne prenons aucun frais d’entrée sur vos versements. Notre rémunération est un solde à l’intérieur des frais de gestion du contrat : la compagnie prélève d’abord sa part, plafonnée par le contrat, et ce qui reste dans l’enveloppe nous revient. Cette part n’est donc pas un tarif que nous fixons, elle est plafonnée par le contrat et elle varie selon la compagnie, le support et le montant.
Deux conséquences que nous préférons écrire. Notre part est mécaniquement plus élevée sur certains supports que sur d’autres, ce qui crée un intérêt qu’il faut regarder en face lorsque nous vous recommandons une allocation. Et sur les fonds externes en gestion libre, nous percevons également des rétro-commissions versées par les sociétés de gestion. Le détail des frais de votre contrat figure dans la documentation précontractuelle qui vous est remise avant la signature. La nature de notre rémunération est précisée dans notre document d’entrée en relation, et si vous voulez le détail de notre part, demandez-le : nous répondons.
Nous calculons votre capacité réelle de déduction, voie par voie, reports compris, et nous la confrontons à votre situation à l’échéance. Le résultat tient dans votre Rapport Patrimonial.
Cette page a une vocation informative. Elle ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d’investissement.
Les montants et les exemples qui y figurent sont indicatifs et ne constituent ni une offre ni un engagement contractuel.
Le traitement fiscal dépend de votre situation personnelle et il est susceptible d’évoluer. Les conditions applicables à votre contrat sont celles de la documentation précontractuelle et des conditions générales qui vous seront remises, arrêtées au moment de la souscription.