Assurance emprunteur

L’assurance du prêt se change. Le prêt, lui, ne bouge pas.

Depuis la loi du 28 février 2022, votre assurance emprunteur se résilie à tout moment, dès la signature de l’offre de prêt. La banque doit accepter un contrat aux garanties équivalentes, ne peut pas toucher au taux du crédit, et ne peut rien facturer. Voici ce que le texte permet vraiment, et l’ordre des opérations.

Analyse personnalisée · Sans engagement

Ce que le contrat couvre

Quatre garanties portent le prêt.

Souvent signée comme une formalité de la banque, cette assurance est l’un des premiers étages de votre protection, à titre privé comme professionnel. Les mêmes familles de garanties reviennent partout ; leurs définitions changent d’un contrat à l’autre, et c’est ligne à ligne qu’une équivalence se juge.

Le socle

Le décès

Le capital restant dû est remboursé au prêteur, à hauteur de votre quotité. Vos proches gardent le bien, pas la dette.

Traitée comme le décès

La perte totale et irréversible d’autonomie

La PTIA : l’impossibilité définitive d’exercer toute activité rémunératrice, avec l’assistance d’une tierce personne pour les actes de la vie courante, selon la définition du contrat. Quand elle est reconnue, le capital est soldé comme au décès.

Le quotidien

L’incapacité et l’invalidité

L’incapacité temporaire de travail prend en charge les échéances pendant un arrêt, après la franchise du contrat ; l’invalidité, totale ou partielle, prend le relais quand l’état se consolide. Tout se joue dans les définitions, les franchises et les exclusions : c’est exactement là que deux contrats « équivalents » diffèrent.

L’option

La perte d’emploi

Facultative, et encadrée de conditions strictes sur la nature de la rupture, les délais et les plafonds. Elle se lit en entier avant de se souscrire.

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Le dos et le psychisme : là où les contrats se départagent

Lombalgies, hernies discales, dépression, épuisement : ces affections, dites non objectivables, sont un des premiers terrains d’écart entre contrats. Selon la notice, elles sont couvertes, couvertes seulement en cas d’hospitalisation ou d’intervention, ou exclues de l’incapacité et de l’invalidité. Des contrats proposent le rachat de cette exclusion : une ligne d’option qui change la portée réelle de la garantie. À lire avant de comparer les prix.

Le cadre

Trois droits, et ils sont écrits.

Pas des usages, pas des tolérances de banque : quatre articles, et chacun se cite.

Changer

Résilier à tout moment

Dès la signature de l’offre de prêt, sans fenêtre annuelle, sans préavis de date anniversaire, sans première année à attendre. Ce droit appartient exclusivement à l’assuré : ni la banque ni l’assureur ne peuvent le déclencher à votre place. Article L. 113-12-2 du code des assurances.

Être accepté

À garanties équivalentes, la banque ne peut pas refuser

Ni au moment de la souscription, ni en cours de prêt. Et tout refus doit être explicite, comporter l’intégralité de ses motifs et, quand des garanties ou des informations manquent, les nommer. Article L. 313-30 du code de la consommation.

Sans payer

Ni frais, ni taux modifié

En contrepartie de son acceptation, la banque ne peut ni modifier le taux ou les conditions du crédit, y compris son mode d’amortissement, ni exiger le moindre frais, pas même pour l’analyse du nouveau contrat ou l’émission de l’avenant. Articles L. 313-31 et L. 313-32 du code de la consommation.

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Votre prêt professionnel n’a pas ces droits

Tout ce qui précède tient à un article de champ. La résiliation à tout moment vaut pour les crédits du 1° de l’article L. 313-1 du code de la consommation, ceux qui financent un immeuble d’habitation ou à usage mixte, son terrain ou sa construction ; l’équivalence opposable, les délais et l’interdiction des frais valent pour l’ensemble des crédits immobiliers relevant de ce chapitre du code. Un prêt professionnel pur, local, matériel ou trésorerie, n’entre dans aucun des deux : ni résiliation à tout moment de plein droit, ni équivalence opposable, ni délais de dix jours ouvrés. Son assurance se négocie au contrat, et se relit avant signature.

Ce que ça change

La banque ne choisit pas votre assurance. Elle vérifie l’équivalence.

Le renversement

Une seule question reste à la banque : vos garanties sont-elles équivalentes aux siennes ?

Si oui, elle accepte : le texte ne lui laisse pas d’autre issue. Le taux du crédit, ses conditions et son mode d’amortissement restent intouchables, et chaque refus doit s’expliquer, motifs au complet. L’équivalence n’est pas un sentiment : elle se documente, ligne à ligne, face aux garanties que la banque exige, celles de la fiche standardisée. Articles L. 313-30 et L. 313-32 du code de la consommation.

La mécanique

Dix jours ouvrés, et un avenant.

La substitution est une procédure datée, pas une négociation.

10 jours ouvrés

La décision de la banque

Acceptation ou refus, notifiés dans les dix jours ouvrés de la réception du nouveau contrat. En cas d’accord, l’avenant au crédit part lui aussi sous dix jours ouvrés de la demande, avec le nouveau TAEG. Article L. 313-31.

10 jours

La résiliation prend effet

L’ancien contrat s’éteint dix jours après que l’assureur a reçu la décision de la banque, que vous lui notifiez par lettre recommandée, papier ou électronique, avec la date de prise d’effet du nouveau contrat ; ou à cette date si elle est postérieure. En cas de refus de la banque, rien ne bouge. Article L. 113-12-2.

0 €

Ce que la substitution coûte

Aucuns frais d’avenant, d’analyse ou de dossier : le texte les interdit expressément, jusqu’aux « frais liés aux travaux d’analyse de cet autre contrat ». Articles L. 313-31 et L. 313-32.

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Un refus vague ne vaut rien

Le refus doit être explicite et comporter l’intégralité de ses motifs et, le cas échéant, les garanties ou informations manquantes. C’est une liste finie, qui se traite point par point : chaque garantie nommée s’ajoute au nouveau contrat, et le motif tombe. Un refus global, tardif ou silencieux n’est pas conforme au texte.

Votre situation

Trois moments, et à chacun son levier.

Et vous ? Votre assurance de prêt, aujourd’hui…

Répondez, et la page vous dit ce que le texte prévoit à ce moment précis.

La santé dans le dossier

Quand la santé sort du dossier.

Deux mécanismes distincts, souvent confondus : la suppression du questionnaire médical, sous conditions, et le droit à l’oubli.

Le questionnaire supprimé

Aucune information de santé ni examen médical si deux conditions sont réunies ensemble : la part assurée sur l’encours cumulé de vos crédits n’excède pas 200 000 € par assuré, et le remboursement s’achève avant votre soixantième anniversaire. Article L. 113-2-1 du code des assurances.

Le droit à l’oubli

Cancers et hépatite virale C : cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, aucune information médicale sur cette pathologie ne peut plus être recueillie. La grille de référence de la convention AERAS, publique, détaille ensuite pathologies et délais ; au-delà, la même convention organise l’examen des dossiers présentant un risque aggravé de santé (aeras-infos.fr). Article L. 1141-5 du code de la santé publique.

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L’encours cumulé, pas le montant du prêt

Le seuil de 200 000 € s’apprécie sur la part assurée de l’ensemble de vos crédits, par assuré : un couple assuré à 50/50 sur 400 000 € d’encours est à 200 000 € chacun, donc dans le champ. Et la condition d’âge vise la fin du remboursement, pas l’âge à la souscription. Écrire « les prêts de moins de 200 000 € » est inexact.

Le coût réel

Un seul taux permet la comparaison : le TAEA.

Le texte impose trois affichages, et les trois servent la même chose : comparer à armes égales.

Le taux

Le TAEA, à l’exclusion de tout autre

Le taux annuel effectif de l’assurance se lit en face du TAEG du crédit : c’est la part du coût total qui revient à l’assurance, et le seul taux que les documents chiffrés ont le droit d’afficher. Article L. 313-8 du code de la consommation.

Les euros

Sur huit ans, et sur la durée totale

Le montant dû au titre de l’assurance s’affiche en euros sur huit ans, en euros sur toute la durée du prêt, et par échéance. Trois grandeurs, une seule utilité : mettre deux contrats côte à côte sans artifice de présentation.

La pièce

La fiche standardisée, dès la première simulation

Garanties minimales exigées par le prêteur, liberté de choisir son assureur : la fiche standardisée d’information est remise dès la première simulation, avant toute offre. C’est le document qui ouvre la mise en concurrence. Article L. 313-10, format fixé par arrêté.

Le pourquoi

Groupe ou individuel : qui porte le tarif

Le contrat de groupe d’une banque applique un tarif construit sur une population entière : votre profil ne le déplace pas. Un contrat individuel tarife le vôtre, âge, situation, capital. C’est l’origine de l’écart de coût entre deux contrats. Le seul avantage qui reste au contrat de groupe tient à l’acceptation : il a parfois pris, sans le regarder de près, un risque qu’un assureur individuel refuserait ou surtariferait aujourd’hui. C’est pourquoi nous instruisons la santé avant le tarif.

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L’économie est un moyen, pas la fin

Sur un budget, l’assurance du prêt est souvent l’économie la plus simple à aller chercher, pour un foyer comme pour une entreprise. Et la mensualité n’est pas le seul usage de l’écart : il peut se réattribuer vers la couverture. Une franchise d’incapacité raccourcie : trente jours s’obtient, quinze jours existe, à un prix qui le réserve à des besoins précis. Une exclusion rachetée, une quotité relevée, jusqu’à la couverture complète. Payer autant, être mieux couvert : c’est souvent la meilleure version de l’opération.

À deux

La quotité décide qui est couvert.

Emprunter à deux, c’est répartir la couverture : la quotité fixe la part du capital assurée sur chaque tête. On vous l’a fait choisir à la signature, rarement expliquée ; ses conséquences, elles, se découvrent au pire moment.

La couverture la plus large
100 % sur chaque tête

Au décès ou en perte totale et irréversible d’autonomie de l’un, le capital restant dû est soldé en entier : l’autre garde le bien, sans plus rien rembourser. Deux couvertures pleines, donc deux cotisations pleines.

La couverture répartie
Partagée, à parts égales ou non

Chaque tête est assurée pour sa part. Au décès de l’un, l’assureur solde cette part ; les échéances continuent sur le reste. Cotisations réduites, couverture réduite : ce que la part n’assure pas reste à rembourser.

L’assiette

Le capital sur lequel tout se calcule.

Le TAEA compare deux prix. Il ne dit pas sur quel capital chacun est calculé, ni comment ce capital évolue. C’est pourtant ce qui décide de ce que vous paierez la quinzième année.

Assiette constante
Le capital initial

La cotisation est calculée une fois, sur le montant emprunté. Elle ne bouge plus, de la première à la dernière échéance. Le coût total se lit dès la signature et se compare sans hypothèse. C’est la construction la plus fréquente des contrats individuels, et celle qui rend la mise en concurrence lisible.

Assiette décroissante
Le capital restant dû

La cotisation suit ce qu’il vous reste à rembourser : plus lourde au début, plus légère à la fin. Elle allège les premières années, celles où le budget est le plus tendu. Mais le taux appliqué à cette assiette est souvent révisé par tranche d’âge. Sur les dossiers que nous instruisons, la cotisation repart parfois à la hausse autour de cinquante à cinquante-cinq ans, quand la révision du taux l’emporte sur la baisse du capital. Moins cher au départ ne veut donc pas dire moins cher au total.

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Sur du locatif, l’arbitrage se fait après impôt

La cotisation d’assurance d’un prêt finançant un bien loué se déduit des revenus fonciers, au titre des frais d’emprunt. Deux contrats au même prix affiché n’ont donc pas le même coût net. Deux limites à connaître avant de raisonner ainsi. La fraction de déficit foncier qui provient des intérêts et frais d’emprunt ne s’impute pas sur le revenu global : seulement sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Et lorsque le prêt est porté par une société civile immobilière non soumise à l’impôt sur les sociétés, la déduction suppose que l’assurance ait été exigée par une clause du contrat de prêt, sans récupération possible des sommes versées.

Notre approche

Comment nous instruisons un dossier de substitution.

Cinq principes de travail. Ils expliquent pourquoi nous ne sommes pas un comparateur de prix, et pourquoi il nous arrive de vous dire de ne rien changer.

Ligne à ligne

L’équivalence se documente, elle ne s’affirme pas

Nous confrontons chaque garantie aux exigences écrites de la banque, montons la substitution dans les délais du texte, et répondons à un refus point par point. Pas une comparaison de prix : une comparaison de définitions, de franchises et d’exclusions.

Deux modes

Comment nous sommes payés

Selon le dossier : soit des frais de courtage facturés par le cabinet, sans aucune commission incluse dans votre cotisation, soit aucun frais de courtage, hors frais de dossier éventuels de la compagnie, et une commission incluse dans la cotisation.

La différence est structurelle. En honoraires, notre rémunération ne dépend ni du contrat retenu, ni de son prix, ni de sa durée. En commission, elle en dépend. Nous l’écrivons parce que c’est la question à poser à tout intermédiaire.

Parfois non

Quand nous vous disons de ne pas changer

Changer implique presque toujours un nouveau questionnaire de santé. Hors des cas où la loi le supprime, tout ce qui est arrivé depuis la signature est déclarable : exclusion, surprime ou refus. Le contrat que vous avez, lui, ne peut plus vous être repris.

Nous instruisons donc la substitution comme un dossier de prévoyance : état de santé d’abord, tarif ensuite. Une substitution qui vous coûte une garantie n’est pas une économie.

Jamais nous

Ce que nous ne faisons pas

Les données de santé, quand un questionnaire s’applique, relèvent du médecin-conseil de l’assureur, jamais de nous. Et aucune page ne remplace la lecture de votre offre de prêt ni de votre notice d’assurance.

Au sinistre

Nous restons dans le dossier

Une substitution ne s’arrête pas à l’avenant. Quand un arrêt de travail ou un décès survient, nous montons le dossier avec vous, suivons son instruction auprès du service de gestion de l’assureur, que nous joignons directement, et vous aidons à contester une décision lorsque les pièces le permettent. C’est le moment où un contrat se juge, et celui où l’on est le plus seul.

Un prêt, une assurance jamais revue ?

Un entretien, vos garanties comparées ligne à ligne, et une réponse chiffrée : garder, ou changer. Deux pièces suffisent : l’offre de prêt et le tableau d’amortissement.

Sources

  • Code des assurances, art. L. 113-12-2 : résiliation à tout moment, prise d’effet, droit exclusif de l’assuré
  • Code des assurances, art. L. 113-2-1 : suppression du questionnaire médical, part assurée de 200 000 € sur l’encours cumulé et soixantième anniversaire
  • Code de la consommation, art. L. 313-1 : le champ du chapitre crédit immobilier, et son 1° (immeuble d’habitation ou mixte, terrain, construction) auquel la résiliation à tout moment et la suppression du questionnaire sont rattachées
  • Code de la consommation, art. L. 313-30 : équivalence des garanties, refus explicite et intégralement motivé
  • Code de la consommation, art. L. 313-31 : décision en dix jours ouvrés, avenant sans frais
  • Code de la consommation, art. L. 313-32 : ni modification du taux ou des conditions, ni frais, y compris d’analyse
  • BOFiP, BOI-RFPI-BASE-20-80 (version du 1er septembre 2017), § 190 et § 200 : primes d’un contrat d’assurance-vie ou d’assurance-décès souscrit pour garantir le remboursement de l’emprunt, rangées parmi les frais d’emprunt déductibles des revenus fonciers ; cas de la société civile immobilière non passible de l’impôt sur les sociétés
  • Code général des impôts, art. 156, I, 3° : les déficits fonciers s’imputent exclusivement sur les revenus fonciers des dix années suivantes, l’imputation sur le revenu global dans la limite de 10 700 € ne visant pas la fraction provenant des intérêts d’emprunt
  • Code de la consommation, art. L. 313-8 : TAEA exclusif, montants en euros sur huit ans et sur la durée totale
  • Code de la consommation, art. L. 313-10, et arrêté du 29 avril 2015 modifié le 27 mai 2022 : fiche standardisée d’information dès la première simulation
  • Code de la santé publique, art. L. 1141-5 : droit à l’oubli de cinq ans, pathologies cancéreuses et hépatite virale C ; grille de référence AERAS
  • Loi n° 2022-270 du 28 février 2022 : dernière modification des art. L. 113-12-2, L. 113-2-1, L. 313-8, L. 313-30 à L. 313-32 et L. 1141-5

Cette page présente le cadre applicable au 1er septembre 2026 dans sa version en vigueur à cette date. Elle ne constitue ni une offre, ni un conseil personnalisé. L’équivalence des garanties s’apprécie contrat par contrat, au regard des garanties que le prêteur exige. La convention AERAS et sa grille de référence se consultent à leur date sur aeras-infos.fr. Les éléments fiscaux sont donnés à titre d’information générale et ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé.

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