Dirigeant en cession

Un salaire s’épargne. Un produit de cession se structure.

Après une cession, le sujet n’est pas de trouver un placement : c’est d’ordonner le calendrier, les enveloppes et la fiscalité, ensemble et dans le bon ordre. Et si votre prix de vente est arrivé dans une holding, l’ordre est déjà en partie écrit pour vous.

Analyse personnalisée · Sans engagement

Le point de départ

Où le prix est-il arrivé ? Tout part de là.

La même vente produit deux situations sans rapport, selon que vous avez vendu en direct ou par une société holding après apport de vos titres.

Vous avez vendu en direct

Le prix est chez vous, la fiscalité de la cession est due, et la question devient patrimoniale : quel calendrier, quelles enveloppes, pour quels objectifs. C’est la seconde moitié de cette page.

Vous avez vendu via une holding

Le prix est dans la société, l’imposition de votre plus-value d’apport est en report, et ce report vit sous des règles qui viennent de changer. C’est la première moitié de cette page, et c’est là que les erreurs coûtent le plus.

Avant toute décision

Le régime de l’apport-cession a changé le 21 février 2026. Ce qu’on vous a expliqué avant décrit un droit qui n’existe plus.

L’article 11 de la loi de finances pour 2026 a réécrit les conditions du réinvestissement de l’article 150-0 B ter, pour les cessions de titres apportés réalisées à compter du 21 février 2026. Toute note, toute présentation, tout conseil antérieur à cette date est à revérifier ligne à ligne avant d’être suivi.

Le report, aux conditions du texte

Trois délais tiennent le report, et un seul quota.

Si votre holding cède les titres apportés, ce que devient votre report d’imposition dépend du calendrier et, le cas échéant, d’un engagement de réinvestissement. Les règles ci-dessous sont celles du texte en vigueur, pour les cessions réalisées à compter du 21 février 2026.

3 ans

De conservation des titres apportés

Si la holding cède dans les trois ans de l’apport, décomptés de date à date, le report ne survit que par l’engagement de réinvestissement. Au-delà de trois ans, la cession ne met pas fin au report et n’impose aucun réinvestissement.

70 %

Du produit à réinvestir

En cas de cession dans les trois ans, la holding s’engage à investir au moins 70 % du produit de cession, dans un délai de trois ans à compter de la cession.

5 ans

De conservation des remplois

Les biens ou titres réinvestis sont conservés au moins cinq ans, décomptés depuis leur inscription à l’actif de la société.

Emploi a

Financer une exploitation

Le financement de moyens permanents d’exploitation affectés à une activité opérationnelle, le texte excluant expressément les activités financières, la gestion par la société de son propre patrimoine mobilier et l’immobilier de vente ou de location.

Emploi b

Acquérir le contrôle d’une société opérationnelle

L’acquisition d’une fraction du capital d’une ou de plusieurs sociétés exerçant une activité éligible, le réinvestissement devant conférer le contrôle.

Emploi c

Souscrire au capital

La souscription en numéraire au capital initial ou à l’augmentation de capital de sociétés répondant aux mêmes conditions d’activité.

Emploi d

Souscrire des parts de capital-investissement

Des parts ou actions de fonds communs de placement à risques, de fonds professionnels de capital-investissement, de sociétés de libre partenariat ou de sociétés de capital-risque, limitativement désignés.

Ce que le quota n’admet pas

Un contrat de capitalisation n’est pas un remploi éligible.

La liste des quatre emplois est fermée, aucun ne mentionne un contrat d’assurance ou un support de placement, et l’activité éligible exclut la gestion de patrimoine mobilier propre. Le texte ne le prévoit pas, et quiconque vous vend le contraire vous vend une lecture, pas une règle.

Mais passé trois ans, la question change de nature

Au-delà du délai de conservation de trois ans, la cession par la holding ne met pas fin au report et n’impose aucun réinvestissement. Le choix des enveloppes redevient alors libre, et le contrat de capitalisation retrouve sa place naturelle : c’est la seule enveloppe d’épargne qu’une personne morale peut détenir. Le calendrier fait toute la différence entre une erreur de quota et une allocation de trésorerie.

Contrat de capitalisation

Le seul contrat d’épargne que votre société peut détenir.

Imposé chaque année à l’IS selon des règles propres, il entre dans la succession, se donne et se démembre. La page dédiée en détaille le cadre.

Lire la page →

Si le prix est chez vous

La première décision n’est pas un placement : c’est un rythme.

Un produit de cession arrive d’un coup, dans un marché qui n’a pas attendu votre vente pour être haut ou bas. Notre méthode tient en trois temps, et elle commence par ne rien faire vite.

D’abord

Sécuriser et respirer

Une poche de liquidité dimensionnée à vos projets courts, le temps que la fiscalité de la cession soit soldée avec vos conseils, et que les objectifs soient écrits : train de vie, projets, transmission, horizon.

Ensuite

Choisir les enveloppes par objectif

Protéger des avoirs importants regarde vers l’assurance-vie, luxembourgeoise au-delà d’un certain patrimoine. Préparer la retraite regarde vers le PER, dans la limite de vos plafonds. La trésorerie restée en société regarde vers la capitalisation. La page épargne fait ce tri.

Choisir par objectif →

Enfin

Déployer par étapes

L’entrée sur les marchés se fait par paliers datés, écrits à l’avance, plutôt qu’en une fois. Ce n’est pas une opinion de marché, c’est une discipline de regret : aucun point d’entrée unique ne mérite de porter tout le produit d’une vie professionnelle.

Qui fait quoi

La fiscalité de votre cession est le terrain de votre avocat.

L’imposition de la plus-value, l’arbitrage entre les régimes, la donation avant cession : ces décisions se prennent avec votre avocat fiscaliste et votre expert-comptable, et cette page ne les chiffre volontairement pas. Notre travail commence après : l’architecture des enveloppes, le calendrier de déploiement, et la coordination avec vos conseils. Lorsqu’un dossier le justifie, nous mobilisons l’avocate fiscaliste de notre réseau, et la répartition des rôles vous est présentée explicitement.

Vous vendez, ou vous venez de vendre.

Un entretien, l’examen de votre situation et de votre calendrier, et une réponse argumentée sur l’ordre des décisions.

Sources

  • CGI, art. 150-0 B ter, I, 2°, dans sa version en vigueur : délai de conservation de trois ans, engagement de réinvestissement de 70 % dans les trois ans de la cession, conservation des remplois cinq ans, et liste des quatre emplois a à d
  • Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, art. 11 : application aux cessions de titres apportés réalisées à compter du 21 février 2026
  • CGI, art. 199 terdecies-0 A, I, C, 3° : définition de l’activité éligible, excluant les activités financières, la gestion de son propre patrimoine mobilier et les activités immobilières
  • BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20 : commentaire du remploi, qui ne mentionne ni les contrats de capitalisation ni l’assurance-vie

Cette page présente le cadre applicable au 1er septembre 2026 dans sa version en vigueur à cette date. Elle ne constitue ni un conseil personnalisé, ni un conseil fiscal, lequel relève de l’avocat et de l’expert-comptable. La méthode de déploiement décrite est une discipline du cabinet, pas une garantie de résultat. Un contrat en unités de compte comporte un risque de perte en capital.

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