Expatriés et non-résidents

Votre contrat ne déménage pas. Votre fiscalité, si.

Partir ne dénoue pas vos contrats d’assurance-vie et de capitalisation. Le départ change qui taxe vos rachats, ce que deviennent les prélèvements sociaux, et comment vos bénéficiaires sont traités. Presque tout se joue avant le départ, presque rien après.

Analyse personnalisée · Sans engagement

La bonne chronologie

Trois temps, et l’essentiel se joue au premier.

Un départ se prépare comme une opération patrimoniale, pas comme une formalité administrative. Voici ce que chaque temps commande.

Avant le départ

Le temps des décisions

La clause bénéficiaire se relit à la lumière du pays d’arrivée. Le calendrier des rachats se compare entre les deux résidences. Les contrats étrangers déjà détenus sont déclarés, l’historique est propre. Et la question de l’enveloppe portable se pose maintenant, pas une fois installé.

Pendant

Le temps des règles de non-résidence

Vos rachats basculent dans le régime du non-résident : retenue à la source, prélèvements sociaux transformés, conventions fiscales par-dessus. C’est l’objet de cette page.

Au retour

Le temps des obligations retrouvées

Les contrats souscrits à l’étranger pendant l’expatriation entrent dans le champ déclaratif français dès que vous redevenez résident. C’est le point le plus oublié des retours, et le plus coûteux à rattraper.

Vos rachats, une fois parti

Une retenue à la source remplace votre barème.

Pour les produits attachés à des primes versées à compter du 27 septembre 2017, les produits versés à un non-résident supportent un prélèvement obligatoire. Et son taux n’est pas celui qu’on croit.

12,8 %

Le taux appliqué

Le texte renvoie au seul taux plein : le prélèvement s’applique « au taux prévu au a du 2 » du II, soit 12,8 %, quelle que soit l’ancienneté du contrat. Article 125-0 A, II bis du CGI.

7,5 %

Par réclamation seulement

Le taux réduit des contrats de plus de huit ans n’est pas appliqué à la source. Le non-résident peut en réclamer le bénéfice par voie contentieuse, ce que le même texte prévoit expressément.

75 %

États non coopératifs

Quelle que soit la durée du contrat, lorsque les produits bénéficient à une personne établie dans un État ou territoire non coopératif, sauf preuve contraire prévue au texte.

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La convention fiscale passe par-dessus

Ces taux sont ceux du droit interne français. La convention fiscale entre la France et votre pays de résidence peut plafonner ou réattribuer l’imposition, et son application ne se présume pas : elle se démontre, résidence fiscale à l’appui. C’est un travail de dossier, pas une case à cocher.

Le point que les pages commerciales ratent

« Exonéré de prélèvements sociaux » : la phrase est fausse telle quelle.

L’exonération de CSG et de CRDS existe. Son critère n’est pas géographique : il faut relever, en matière d’assurance maladie, d’une législation couverte par le règlement européen de coordination, et n’être à la charge d’aucun régime obligatoire français. Le texte ne dit ni « Union européenne », ni « EEE », ni « Suisse ».

Ce qui reste dû

Exonéré de CSG et de CRDS, oui. Exonéré de tout, non : le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû.

Le texte du prélèvement de solidarité écarte expressément l’exonération des non-résidents : « sans qu’il soit fait application du I ter ». Article 235 ter du CGI, II et III. Écrire « exonéré de prélèvements sociaux » sans cette réserve, c’est promettre un écart qui n’existe pas.

La mécanique de paiement

Selon l’établissement payeur, ce n’est pas le même geste.

Payeur établi dans l’EEE

Le contribuable déclare et paie lui-même le prélèvement par le formulaire 2778-DIV-SD, ou mandate l’établissement payeur pour le faire à sa place. C’est le cas d’un contrat luxembourgeois.

Payeur établi hors EEE

L’auto-déclaration est obligatoire, sans possibilité de mandat. La discipline déclarative repose entièrement sur le souscripteur.

La transmission

Partir ne fait pas sortir vos bénéficiaires du champ français.

Le prélèvement de l’article 990 I s’applique en fonction, à la date du décès, de la domiciliation fiscale du bénéficiaire ou de celle de l’assuré. Les deux branches sont alternatives : un bénéficiaire non-résident reste dans le champ si l’assuré est domicilié en France, et réciproquement. Le lieu de résidence du souscripteur au jour de l’adhésion est sans incidence.

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Le piège du bénéficiaire revenu en France

Pour les droits de mutation, l’article 750 ter rattache aussi les biens reçus par un héritier ou donataire domicilié en France, à la condition qu’il l’ait été pendant au moins six années au cours des dix dernières. Un enfant rentré en France peut donc faire entrer la transmission dans le champ français, alors même que vous êtes non-résident. Et le texte réserve un sort différent au légataire, qui figure dans la première phrase du 3° et disparaît de celle qui pose la condition des six ans.

Avant le départ, et au retour

Un contrat étranger se déclare, sans seuil ni exception.

Tant que vous êtes résident fiscal français, chaque contrat souscrit auprès d’un organisme établi hors de France se déclare avec vos revenus. Le seuil de 50 000 € que l’on lit parfois concerne les comptes bancaires, pas les contrats d’assurance-vie.

Chaque année

Avec la déclaration de revenus

Références, dates d’effet et durée, opérations de l’année, valeur de rachat. Article 1649 AA du CGI.

1 500 €

Par contrat non déclaré

Porté à 10 000 € lorsque l’État concerné n’a pas conclu de convention d’assistance administrative avec la France. Article 1766.

10 ans

De délai de reprise

Au lieu de trois, sur les revenus afférents aux obligations non respectées. Livre des procédures fiscales, article L. 169.

Le détail complet, avec ses sources, est sur la page assurance-vie luxembourgeoise →

L’enveloppe qui suit

La question de l’enveloppe portable se pose avant de partir.

C’est l’un des trois cas où le contrat luxembourgeois mérite l’examen : une mobilité internationale réelle ou envisagée, parce que le contrat s’adapte au changement de résidence au lieu d’être racheté. La démonstration complète, ses conditions et ses limites sont sur la page dédiée.

Assurance-vie luxembourgeoise

Votre fiscalité ne change pas. Ce qui change, c’est qui paie si l’assureur tombe.

Le rang de créancier, l’univers d’investissement, le coût réel strate par strate, et le tri final : trois fois oui, trois fois non.

Lire la page →

Qui fait quoi

Le courtier ne délivre pas de conseil fiscal international.

Le cabinet n’est ni avocat ni conseil fiscal. Lorsqu’un dossier le justifie, notamment en cas de projet d’expatriation, nous mobilisons l’avocate fiscaliste de notre réseau, et la répartition des rôles vous est présentée explicitement. Notre travail : l’architecture des enveloppes, le calendrier des opérations, et la coordination du dossier.

Vous partez, ou vous rentrez.

Un entretien, l’examen de vos contrats et de votre calendrier, et une réponse argumentée sur ce qui doit bouger avant le départ.

Sources

  • CGI, art. 125-0 A, II bis : prélèvement obligatoire des non-résidents, taux du a du 2 du II, et taux de 75 % des États non coopératifs
  • CGI, art. 235 ter, II et III : prélèvement de solidarité de 7,5 %, écartant expressément le I ter
  • CSS, art. L. 136-6 et L. 136-7, I ter : exonération de CSG des personnes relevant du règlement (CE) n° 883/2004
  • Ordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996, art. 16 : CRDS, exonération par renvoi
  • CGI, art. 990 I, et BOI-TCAS-AUT-60, § 60, § 100 et § 110
  • CGI, art. 750 ter : les trois cas de rattachement, et la condition de six ans sur dix
  • CGI, art. 1649 AA et 1766 ; LPF, art. L. 169
  • BOI-RPPM-RCM-30-20-50 : formulaire 2778-DIV-SD et mandat du payeur européen

Cette page présente le cadre applicable au 1er septembre 2026 dans sa version en vigueur à cette date. Elle ne constitue ni un conseil personnalisé, ni un conseil fiscal international, lequel relève de l’avocat. L’application d’une convention fiscale s’apprécie dossier par dossier. Un contrat en unités de compte comporte un risque de perte en capital.

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